De quoi méditer sur l’essence du tango…

Le blog de Mephisto Tango a mis en ligne une très intéressante et étonnante interview de Chicho Frumboli par Milena Plebs (El tangauta 2009).

A vous de juger. C’est ici.

15 comments on “De quoi méditer sur l’essence du tango…

  1. Daniel on said:

    Bonjour à tous

    Ce nouvel article de El Tangauta de Mariano « Chicho » Frumboli, fait l’echo d’un précédent article de Pablo Verone dans la même revue, Chicho revient donc aux sources du Tango, espèrons que ses thuriféraires en feront autant.

  2. Béatrice on said:

    A ceux qui ne l’ont pas encore lu,prenez le temps jusqu’à la dernière ligne.

    Daniel,j’apprécie ton choix du vocable »thuriféraire »

    Bonne année à tous

  3. Eric on said:

    Eternelle opposition entre « anciens » et « modernes »…
    On sent tout de même que l’on arrive à un moment où les anciens ne peuvent plus nier l’existence et les apports des nouveaux courants, et où les modernes se rendent compte des excès et des fausses directions par lesquels ils sont parfois passés.
    La génération actuelle de danseurs, n’a pas creusé de tranchée dans un camp ou dans l’autre, et peut sans complexe faire une synthèse du meilleur.
    Ca fait de bons voeux pour 2010 en tout cas!

  4. El Tigre viejo de Nort on said:

    « Les thuriféraires, qui, marchant à reculons, balançaient dans les airs leurs encensoirs » (Nerval).
    Souhaitons tout de même qu’ils évitent de trop reculer, ça ferait désordre dans une milonga!
    Excellent article en tous cas, qu’il faut absolument lire à mon avis. S’il fallait n’en garder qu’une phrase:
    « J’ai été pris par la folie de la créativité, parce que j’ai vu une veine nouvelle dans l’évolution du mouvement. Je me suis jeté moi-même dedans, et j’ai perdu la faculté de transmettre l’essence du Tango, alors que je l’avais très fort à l’intérieur. »
    C’est réconfortant de constater que certains « modernes » s’aperçoivent des excès et des fausses directions par lesquels ils sont passés, probablement aussi pour des motifs plus bassement matérialistes que par pure « folie de la créativité ».
    Puissent les autres « modernes » s’en rendre compte avant qu’il n’y ait plus… d’ESSENCE!

  5. El Tigre viejo de Nort on said:

    Rectification:
    Lire « S’il fallait n’en garder que DEUX phrases »
    La première permettant de comprendre la seconde.

  6. Claude et Patrick on said:

    Cet entretien ne peut qu’entraîner de nombreux commentaires. Ceux-ci toutefois peuvent s’enliser dans l’incessante et stérile querelle entre « anciens » et « modernes » comme de nombreux commentaires publiés sur le site de Méphisto en sont la malheureuse illustration. Dérive d’autant plus malvenue que les propos de Chicho visent à l’évidence à calmer cette querelle.

    Que certains sautent sur cette occasion pour fustiger ceux qui jugent Chicho comme un « grand » du tango, en leur attribuant l’aveuglement de « thuriféraires », tombent dans ce travers.

    Ne parlons pas de ceux qui critiquent vertement Chicho alors qu’ils ne l’ont jamais vu danser et encore moins pris de cours avec lui.

    Il est curieux que le seul point des propos de Chicho qui retienne l’attention des commentateurs soit l’expression de son regret de n’avoir pas transmis « l’essence du tango »
    Malheureusement, il ne peut définir cette « essence » ; comment la réduire à la seule relation entre partenaires ? : « l’enlacement et la personne avec laquelle tu danses »
    Est-ce l’atmosphère des milongas « traditionnelles » ?

    Cette « essence », notion immatérielle, nous semble impossible à enseigner.

    Aucun reproche pour nous à Chicho qui ne renie pas l’enseignement qu’il a prodigué et qu’il poursuit.
    Qu’il conserve surtout son exceptionnelle créativité.
    Nous lui souhaitons de réussir à transmettre cette « essence »

    Sebastian Arce et Mariana Montes qui ont fait les mêmes constatations que Chicho sur les dérives de certains de leurs élèves ( ou d’élèves de leurs élèves …… ) ont tenté d’introduire dans leur enseignement la recherche du « ressenti », la prééminence de la communication sur la reproduction d’un mouvement préétabli.
    A cette approche que certains, dont nous-mêmes, ont apprécié, d’autres de leurs élèves ont réagi très négativement :
    « Je n’ai pas besoin qu’on m’apprenne à ressentir, je ne suis pas là pour ça, je ressens très bien »
    « Cela devient de la métaphysique…. »
    Peut être que n’étant pas argentins, nous resterons toujours étranger à cette « essence du tango »

    A l’heure d’aujourd’hui, ces enseignants exceptionnels que sont Chicho, Sebastian et Mariana ainsi que quelques autres intègrent parfaitement dans leur enseignement l’analyse du mouvement et la musicalité dans le respect des racines de cette danse. On ne peut que se féliciter qu’ils cherchent à parfaire leur enseignement en s’interrogeant sur la manière de transmettre cette « essence du tango» qu’ils possèdent.

    N’oublions pas la seconde partie de l’interview : improvisation et musique.

    Nous retiendrons la remarque de Milena Plebs : « …l’interprétation musicale n’est pas littérale …….. ce qui est merveilleux dans le tango c’est la possibilité d’utiliser la musique de façon aléatoire et personnelle »

    C’est sans doute le talent exceptionnel de Chicho d’improvisation dans l’interprétation musicale qui lui vaut les critiques des « traditionnels » qui se prennent pour les gardiens du temple et qui ne peuvent imaginer que leur danse puisse évoluer dans son aspect extérieur sans perdre de son intériorité.

    Comme le lecteur l’aura compris nous sommes et restons admirateurs tout en gardant notre esprit critique.

  7. El Tigre viejo de Nort on said:

    À votre avis, pourquoi cette querelle que vous qualifiez d’incessante et stérile?
    Est-ce pour le simple plaisir de polémiquer ou de défendre je ne sais quelle “religion”? Certainement pas, du moins en ce qui me concerne…
    Alors si je saisis toutes les occasions qui se présentent pour fustiger les danseurs de “nuevo” c’est tout simplement parce que j’en ai ASSEZ de me faire bousculer ou de devoir “brutaliser” ma cavalière pour lui éviter un coup de talon-aiguille, de coude, de pied lorsqu’un couple exécute devant moi ou à côté de moi, voire derrière moi un mouvement que je n’avais pas pu ANTICIPER. Et dans 99,9% des cas (dans cette population statistique je ne compte ni les débutants, car eux je les excuse bien volontiers, étant aussi passé par là, ni les mauvais danseurs) il s’agit de bons danseurs de “nuevo” ou assimilés. Or il en est de la conduite au tango comme de la conduite automobile : la sécurité passe, en plus des règles à respecter, par la capacité à ANTICIPER. Soit! Je suis certainement inculte, borné et gâteux, mais moi je suis totalement incapable de prévoir ce que va faire un danseur “nuevo”, je ne puis déterminer qu’une “probabilité de présence”, j’ai l’impression d’avoir affaire à un électron libre qui zigzague de gauche à droite, d’avant en arrière ou qui s’arrête inopinément pour exécuter un mouvement de motofaucheuse. La seule manière de m’en éloigner c’est de trouver un “refuge” dans un coin de la piste où je vais pouvoir m’arrêter afin de laisser passer quelques couples qui, les pauvres, feront à ma place les frais de la promiscuité avec ledit électron. Mon principal souci lorsque je danse le tango, c’est avant tout de PROTÉGER ma cavalière, même si cela doit m’obliger à faire des “fautes” de guidage et à rompre la connexion qui s’était établie entre elle, la musique et moi… (mais quelle frustration alors !)
    À Nantes, comme partout en France, il n’y a pas assez de milongas pour pouvoir choisir, comme à Buenos Aires, celles où de tels danseurs seraient automatiquement éjectés par l’ensemble du bal, alors il faut les supporter, refouler sa frustration et sa colère. Ne vous étonnez donc pas si “l’incessante et stérile querelle” resurgit périodiquement : c’est un défouloir ; il faut mettre des MOTS sur les MAUX pour évacuer le stress et ne pas somatiser ; c’est ce que nous conseillent tous les psy…
    Pour en donner une “malheureuse illustration”, je recopie ci-dessous entre triples guillemets l’extrait d’un commentaire d’un certain Rodrigo, tel quel avec les fautes d’orthographe (rien qu’en en faisant le “copié-collé” et malgré l’abondance des guillemets, ça me donne déjà de l’urticaire mais bon… on prendra un antihistaminique!)
    “ ” “Quand on voit qu’il faut aller a la milonga avec un casque, des genouillères et des protèges tibias on de rend compte du désastre qu’a provoquer l’enseignement de ce style. Certes il a motivé les jeunes a venir au tango, et après 15 ans de danse il ne save toujours pas resentir un tango. Combiens prennent du plaisir a marcher avec la musique???” ” ”
    Autant j’aime regarder Samy Naceri (ou ses doublures) dans “Taxi”, autant cela m’inquiéterait d’apprendre qu’il aurait pu se reconvertir en moniteur d’auto-école à sa sortie de prison ! Ainsi je ne connais pas Chicho, je ne l’ai jamais vu danser, je n’ai bien entendu jamais pris de cours avec lui et je ne me permettrai donc pas de porter un quelconque jugement sur lui, ni pour le critiquer, ni pour l’encenser (oh pardon : le thurifier ! ) mais j’ai seulement vu à l’oeuvre certains couples de ses émules et cela aussi est inquiétant… Pourtant ce que Chicho écrit dans El Tangauta où il tente de définir “l’essence” du tango me paraît très juste, même si c’est mission impossible que de la définir complètement avec des mots (CF un article paru dans ce blog: archive 3 juillet 2008).
    Par ailleurs je ne peux résister au plaisir de recopier par la même occasion un passage de l’interview dans le blog “Mephisto”, parce que c’est exactement ce que je pense mais que je n’ai jamais osé écrire :
    “ Dans le Tango les gens sont très égocentriques et individualistes. Ils ne vont pas faire un sandwichito pour jouir de ce moment, mais ils préfèreront faire quelque chose qui les met plus en lumière et en valeur ” (sous-entendu une colgada ou une volcada… Merci Chicho d’apporter de l’eau à mon moulin : j’avais précédemment écrit tout le mal que je pensais de la colgada en bal, figure dont l’équilibre est basé sur l’effet gyroscopique, donc impossible à arrêter une fois commencée, sans se ridiculiser).
    Quant à la seconde partie de l’interview consacrée à l’improvisation et à la musique, elle a suscité également chez moi une forte envie de réagir, c’est pourquoi je prépare un article là-dessus que je ne manquerai pas de faire paraître sur ce blog dès qu’il sera terminé.

  8. Daniel on said:

    « Les thuriféraires, qui, marchant à reculons, balançaient dans les airs leurs encensoirs » (Nerval).
    Les « nouveaux » thuriféraires, eux, marchent parfois en avant mais aussi à reculons, en plus, ils ne balancent pas d’encensoirs dans les airs, mais leurs partenaires de droite à gauche et un coup de talon aiguille, cela fait presqu’aussi mal qu’un coup d’encensoir, je connais, j’ai été aussi enfant de coeur juste avant de m’adonner au tango.

  9. dalyne on said:

    bonjour.EL TIGRE VIEJO
    on est tous d’accord que les exces en milonga sont néfastes,en particulier quand les danseurs de nuevo ne contrôlent pas les boléos et autres figures qu’ils soient débutants ou profs:mais que dire de ces « grands danseurs « de tango à l’ancienne qui ont le bras à l’horizontal ou le coude à l’équerre et qui vous harponnent votre dos ou celui de votre danceuse? (coude du danseur sur son tour à gauche et coude danseuse sur tour à droite) et que dire de tous ces gens qui ont appris le tango traditionnel sans pour autant suivre la musique? Souvent quand on remarque un bon danseur c’est un prof (cette remarque vaut pour Paris ).En fait les milongueros dansent comme ils sont dans la vie c.a.d réspectueux ou non vis à vis des autres,il n’y a donc pas à opposer le Nuevo au traditionnel sur ce plan là.Il suffit d’être respectueux vis àvis des autres mais surtout de sa partenaire qui semble oubliée dans ce discourt.
    Hélas les GENS ne sont pas meilleurs qu’au temps anciens où les choses se règlaient à coups de couteau.

  10. El Tigre viejo de Nort on said:

    Bonjour Dalyne
    Content de voir que notre blog est lu même dans la capitale !
    Les « grands danseurs » qui ont le bras à l’horizontale ou le coude à l’équerre et qui sont comme « plâtrés » dans cette position, rassure-toi il n’y en a pas qu’à Paris, il y en a aussi à Nantes (et en plus ils donnent des cours !). Personnellement je ne les qualifierai pas de « grands danseurs », mais plutôt de pédants. C’est vrai ils sont, dans une milonga, aussi insupportables que les danseurs de nuevo, mais au moins je suis capable d’ANTICIPER leurs mouvements qui restent quand même contrôlables, et agir en conséquence pour éviter le harponnage. Quant à ceux qui sont incapables de suivre la musique, je les classe illico dans les mauvais danseurs et alors, qu’ils soient nuevos ou traditionnels, le résultat est le même, mieux vaut s’en éloigner le plus rapidement possible.
    C’est une évidence que le respect des autres est fondamental dans un bal, mais depuis que je fréquente les milongas il me paraît de plus en plus être devenu un vœu pieux : à se demander si l’homme ne se transforme pas en animal lorsqu’il entre sur une piste de danse, comme certains sociologues l’ont déjà signalé au sujet des conducteurs de voiture. C’est vrai je parle beaucoup des tangueros dans mon dernier commentaire, mais c’est quand même eux qui conduisent donc qui ont la responsabilité des mouvements du couple. Lorsque je me fais bousculer dans un bal, c’est presque toujours la cavalière qui s’excuse et alors je lui dis : « Ne t’inquiète pas, ce n’est pas toi la responsable, tu n’as pas des yeux derrière la tête » En général ça jette un froid et je me fais un ennemi de plus mais bon, les mots c’est quand même moins dangereux que les coups de couteau.
    Je suis juste un peu déçu que tu trouves que j’ai oublié la partenaire dans mon discours puisque j’ai écrit textuellement (je fais un copié-collé) :
    “Mon principal souci lorsque je danse le tango, c’est avant tout de PROTÉGER ma cavalière, même si cela doit m’obliger à faire des “fautes” de guidage et à rompre la connexion qui s’était établie entre elle, la musique et moi… (mais quelle frustration alors !)”
    Que pourrais-je ajouter à cela?

  11. Eric on said:

    Pour faire un léger contrepoids à la galanterie de MW, j’ajouterai qu’il ne faut pas non plus exonérer les danseuses de toute responsabilité. Combien de fois, sur une piste fort occupée, ai-je vu une cavalière envoyer ses pieds voler dans les airs, dans un tour qui n’en demandait pas tant!
    Bien sûr, le danseur galant se doit ensuite de prendre sur lui s’il y a accrochage et de s’excuser. Cela ne veut pas dire que toute faute lui est due…

  12. El Tigre viejo de Nort on said:

    Tout à fait Eric ! L’individualisme et l’égocentrisme dont parle Chicho dans son interview (bref « la frime », ajouterais-je) ne sont pas des défauts spécifiquement masculins (même si par galanterie, par excès de bienveillance ou probablement aussi par aveuglement, j’ai la faiblesse de moins les remarquer chez les femmes).
    Mais ne dit-on pas que les défauts qui nous dérangent le plus chez les autres sont nos propres défauts que nous nous refusons à admettre…
    Je dois cependant constater que, depuis que je danse, je n’ai encore JAMAIS pris un coup de talon meurtrier dû à un pied féminin volant dans les airs, mais en revanche je ne compte plus les ecchymoses provoquées à mon pied droit (toujours lui, allez savoir pourquoi?) juste en dessous de la malléole, par les talons-aiguilles de danseuses « poussées » par un cavalier « collant » qui, voyant que mon buste commence à avancer, n’attend même pas que je fasse mon pas en avant pour prendre la place qu’il juge libre…
    J’aimerais que d’autres danseurs me rassurent : N’y a-t-il qu’à moi que ce genre de mésaventure arrive ? Est-ce dû à ma manière de danser ?

  13. Petitjean on said:

    bonjour
    Les propos sont souvent assez normatifs ou centrés sur un certain idéal, certes en evolution;
    le livre de MARTINE DRAI le coeur n’est pas moderne demande un détour ; c’est un récit de 30 séquences de tango toutes plus vraies les unes que les autres ;c’est tout simple, tout vrai , la vie …..
    A vous d’écrire une séquence suplémentaire ; le thème tango pourrait être déplacé ailleurs .
    tout en sincérite ; en compassion
    Ce n’est pas du mlf ou du macho c’est top

  14. Claude et Patrick on said:

    Nous ne connaissons pas ce livre, merci d’en donner les références.

    Claude et Patrick

  15. El Tigre viejo de Nort on said:

    Merci à Petitjean pour la référence au livre de Martine Drai que je ne connaissais pas non plus. Des recherches sur le net m’ont donné envie d’en savoir plus et m’ont mis l’eau à la bouche. Les rares extraits que j’ai pu trouver et lire correspondent à des situations vécues et particulièrement significatives : je vais le commander à la FNAC dès que possible.
    Si Petitjean est un agent de promotion de ce livre : mission réussie en ce qui me concerne.
    En revanche la première phrase du commentaire me paraît un peu sibylline: se rapporte-t-elle aux propos du livre ou à ceux de nos discussions qui précèdent, et en ce cas le fait d’être « normatifs et centrés sur un certain idéal » est-il perçu par Petitjean comme une qualité ou un défaut?

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