03
sept

La rentrée de Nantes Libertango

Au programme pour cette rentrée:

Mardi 8 septembre

Le 911 Café accueille Nantes Libertango pour la

Milonga del fuego

De 21H15 à Minuit

Milonga précédée d’une initiation à partir de 20H00

Entrée : 2,00€ + une consommation

NOUVEAUTE CETTE SAISON:

LA MILONGA DEL FUEGO DEVIENT HEBDOMADAIRE

(Tous les mardis sauf le 1er mardi du mois)

911 Café  : 10 Bd des Anglais à Nantes

02 40 40 89 29  www.911cafe.fr

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Samedi 12 et Dimanche 13 septembre

Week-end argentin au Manoir de Tizé près de Rennes

(en partenariat avec d’autres asociations de l’ouest)

milonga et auberge espagnole le samedi soir

Asado le dimanche midi suivi d’une milonga

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Dimanche 20 septembre

Milonga au Sarah B. De 16H00 à 20H00

Sur le vieux port de la Roche bernard (56)

Le Sarah B.  02 99 90 74 60  www.lesarahb.fr

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Dimanche 4 octobre

Milonga de la Cocotte en verre De 16H30 à 19H30

PAF : 4,00€ (adhérents Nantes Libertango) / 5,00€ (non adhérents)

Jardin Japonais de l’île de Versailles . Nantes.



31
août

Un restaurant argentin à Nantes

Mardi 1er septembre

Ouverture d’un restaurant argentin à Nantes

« Che Codi »

Il est situé Route de Vannes, près de l’arrêt de tram « Longchamp » (entre Ste Thérèse et Beauséjour).

On peut y manger un asado « comme là-bas »…

A l’intérieur on trouve des photos de tango, de Gardel, un énorme barbecue, une sorte de patio couvert avec un plancher….

Le patron tenait il y a quelque temps la « Bodega de Miguel ».

Un rendez-vous futur pour les tangueros ???

Et si on s’y retrouvait pour l’ouverture ?

(pour les réservations : 02 40 16 22 49)



08
août

Remise en question du tango (par Daniel)

Nous rentrons tout juste d’un périple tango nous ayant fait passés par les milongas parisiennes et ensuite le festival du temps du tango de Prayssac et mon impression première à été de constater un mélange important de genre entre tango traditionnel et tango nuevo dans quasiment tous ces lieux, avec des mélanges de styles musicaux allant de Canaro à Tango Fusion, ce qui créé un certain désordre sur la piste, la belle milonga tournante s’apparentant plus à un grand mouvement de foire.

Tant et si bien, qu’un soir à Prayssac (2009), Ricardo Calvo et Sandra Messina ont tentés pendant plus d’une demi-heure de faire un cours complet sur le déplacement en bal, en pure perte, dans les 10 minutes qui ont suivies cette intervention, le bordel était à nouveau en piste, il faut dire que la partie musicale était assurée soit par un DJ moderne ( tango, rock et salsa) soit par l’orchestre « Les fleures noires » avec qui je me suis entretenu de cette dérive du tango dansé.

Il semblerait que ces musiciens et musiciennes de grands talents ne se sont pas encore aperçues qu’il y a depuis Astor Piazzola, un vrai divorce entre la virtuosité des musiciens et les possibilités physiques des danseurs.

Il se pose d’urgence de savoir qui pourra encore danser sur des musiques modernes, hormis des danseurs de très hauts niveaux. Il y a là, un aspect commercial qui n’a pas échappé à nos professeurs de tango nuevo, la note était déjà lourde en tango traditionnel, elle sera « salée » pour devenir les acrobates que nous voyons parfois sur les pistes ou dans les démonstrations.

Sachant ce sujet fortement polémique, je dis tout de suite que je ne m’inscris pas dans la version manichéenne de l’ancien ou du moderne, de l’homme du passé ou du futur, mais simplement dans la version de l’homme d’aujourd’hui qui aime ou n’aime tel ou tel style musical, je laisse à chacun l’opportunité de choisir ce qui lui semble bon, par contre le choix du DJ sera essentiel, car c’est lui qui donnera le ton de la soirée.

Voila la traduction d’une interview de Pablo Veron sur ce sujet, je partage entièrement son point de vue et surtout la dernière phrase « si on continue comme cela, bientôt, il n’y aura plus de danseurs de tango. ».

Pablo VERON parle du « Tango Nuevo »
entretien de Pablo Veron avec Carlos Bevilacqua
Article paru dans le n° 170, décembre 2008,  de « el TANGAUTA »

Carlos B : en musique comme en danse il semblerait que beaucoup aiment mélanger. Le mélange est il à la mode ? »

Pablo : Oui, le mélange, la fusion sont à la mode, ce qui est nécessaire pour ouvrir des perspectives, mais moi je mélange sans perdre mes racines, le tango. J’ai pratiqué d’autres danses, mais j’ai choisi le tango parce qu’il m’attire beaucoup et qu’il s’est imposé à moi comme une priorité. J’ai étudié en profondeur d’autres danses : aux USA, le tap et le hip-hop (mot qui désigne en fait tout un mouvement culturel contenant de nombreux styles de danse), a CUBA les danses Cubaines,  ici (Buenos Aires) la danse contemporaine au Théâtre San Martin, le modern jazz, sans oublier les arts martiaux. Ajoutons mon apprentissage a l’Ecole Nationale de Danses.

Mais le tango c’est ma racine et j’ai toujours cherché a capter son essence même. Dans mes années d’apprentissage j’ai fréquenté de nombreux clubs, milongas et pratiques dans une recherche quasi archéologique, méthodique. Sin Rumbo (mon préféré) Pinocho, Estudiantes del Norte et d’autres maintenant disparus. J’ai beaucoup appris de Miguel Balmaceda, de Antonio Todaro, de Pepito Avellaneda, de Petroleo qui venait à la maison, et de beaucoup dont le nom m’échappe.

Egalement, avoir travaillé principalement avec Virulazo, mais aussi avec Gloria et Eduardo y Juan Carlos Copes dans « tango Argentino » m’a beaucoup apporté pour mon objectif principal, le tango sur scène qui soit à la fois authentique et scéniquement attractif.

Je crois qu’il vaut mieux mélanger lorsque l’on sait ce que l’on mélange. Aujourd’hui on lui « colle » de tout à ce pauvre tango : sans apprendre la salsa on lui ajoute des bras, sans apprendre le tap on lui envoie  des « zapateos » (frapper du pied sur le sol) que la fille regarde en se demandant que faire.  Pour trouver quelque chose de nouveau, on tombe dans le superficiel, la facilité presque autistique, tout cela parce que on apprend à penser la danse et non à la sentir.  La pensée est trop lente pour l’état qu’il faut atteindre pour danser.

Cette attitude d’absence, de « je suis en train de penser quelque chose d’important » tout en regardant ses pieds, ou « je suis relaché » si tu ne sais pas ce que tu es en train de faire, c’est comme une absence (« una  pose y una carencia »)  Tu peux le vérifier en le demandant aux bonnes danseuses qui « s’ennuient » quand on les conduit ainsi. Cela fait de la peine de voir ces jeunes gars « ensimismados », se contemplant eux mêmes, se privant ainsi de profiter de ces jeunesses  qu’ils ont en face d’eux.

Carlos B : je suppose que tu parles du « Tango Nuevo » ?

Pablo : Parler de tango nuevo comme danse est difficile parce que le nom même propose une division avec le passé et cela est discutable, relatif et trompeur.  Tango nuevo était la définition de la musique de Piazzola et lui copier le nom, comme si cela suffisait pour être son équivalent et ainsi affirmer une différence, ne me paraît pas correct.  C’est comme s’ils voulaient te faire croire qu’ils ont inventé le Tango. Alors ? que dansait-on avant ? Le tango, c’est le tango et toujours, depuis ses origines, il s’est transformé ; si chaque renovation avait été un nouveau tango, à ce jour nous aurions divers tangos nuevos.

Le tango nous l’avons fait entre tous les danseurs de toutes générations ayant apporté quelque chose, et cela depuis maintenant plus de 100 ans. Ils ont pensé que le tango n’était propriété de personne et ils ne lui ont pas collé le drapeau « nuevo », d’autant plus que le neuf n’est pas forcément mieux que le vieux ; de plus je ne crois pas que l’on puisse aller loin si l’on part du principe de nier ou s’opposer au passé.

Je reconnais à ce que l’on appelle le « tango nuevo » le mérite de se poser des questions, d’essayer d’expliquer le fonctionnement,  d’associer différemment les composantes, mais tout cela est à ses tous débuts (dans les couches) et conduit à pas mal de confusion.  Même s’il répond à une nécessité du marché et ce fait pensé comme une approche commerciale, il manque de fondements solides pour se prétendre « méthodologie ».

En fait, ceux qui croient danser « nuevo » ne font qu’utiliser majoritairement les éléments de toujours. Les mouvements existaient déjà, dommage qu’ils ne le disent pas : « giros, ganchos, boleos, sacadas de l’homme et de la femme de tous cotés, cambios de direccion, arrastres, paradas, corridas, saltos, pasos cruzados, etc ..

On m’a raconté l’autre jour que certains croient que les « giros » ont été inventé par les prophètes d’aujourd’hui ; les tours ont été inventés par Petroleo voilà plus de 50 ans.

Ce qui est véritablement nuevo c’est le commerce chaque jour plus important autour du tango,  à plusieurs niveaux.  La danse se renouvelle depuis longtemps grâce à beaucoup de gens et se processus s’accélère depuis quelques années parce qu’elle est devenu un moyen d’existence intéressant.

Carlos B : tu ne penses pas que le tango nuevo génère des dynamiques nouvelles ?

La proposition de défier l’axe est intéressante, mais de fait, chaque trois pas qu’ils font, deux sont en dehors de l’axe ce qui parasite toute la danse et ce, depuis les premières classes. Ils se répètent inlassablement ces schémas, parce qu’ils les idéalisent comme étant à la mode, ce dont il résulte une danse monotone, prévisible et stéréotypée.  Ils dansent comme au son d’un métronome et non à celui d’un bon orchestre. Ce faisant, la danse de l’homme perd sa dynamique, présence et ce que j’appelle danser : se déplacer avec dynamisme, marcher, tourner, vraie vélocité, complexité variée.

Ce qu’il faut stimuler, et je le fais, ce que le danseur doit travailler : l’axe, pourquoi y prêter attention et comment l’utiliser, identifier une bonne posture, une connexion profonde avec la femme, les différentes formes d’abrazo, la qualité du mouvement, d’ou il vient et comment le libérer.

Je le dis : cela fait naître des modes absurdes, le « star system », la mouvance « VIP », la désinformation de l’histoire du tango pour son propre bénéfice ; ceux qui s’autoproclament inventeurs de figures ou mouvements qui relèvent du patrimoine commun sont lamentables.

Ceux avec qui j’ai appris étaient plus exigeants et moins ambitieux. Ils n’étaient pas « fast food ». Certains « génies » quand ils font leurs exhibitions sont aussi « fast food » et dansent comme des enseignants, parce qu’ils ont appris comme enseignants, ils apprennent des vérités absolues et ainsi on les voit statiques. Ils ne dansent pas pour être des artistes uniques, ils dansent pour que leur élève sente que lui aussi il peut le faire, et suggèrent : « je t’enseigne ce petit truc, viens, payes moi et tu seras dans le coup (« en la onda »)

Pour moi, le dernier grand couple, fut Roberto Herrera et Vanina Bilous. Ils proposaient quelque chose d’exceptionnel, inimitable et super esthétique. Aujourd’hui l’esthétique « nuevo » est pauvre et superficielle ; nombreux sont les professionnels de la danse, qui n’ont pas l’œil conditionné, qui ne cherchent pas à être « à la mode » préfèrent de loin Gloria et Eduardo par exemple.  Bien sur il y a des gens qui dansent bien, mais on voit une désorientation et une médiocrisation  générales, beaucoup dansant de la même manière, comme clonés. L’idée aujourd’hui est de danser comme les autres, ce qui avant était l’inverse, le défendu.  Cela ne t’émeut pas, c’est comme sans âme, cela ressemble à un défilé de mode.

Peut être suis je pessimiste, bien que beaucoup de gens pensent comme moi, mais si on continue comme cela, bientôt, il n’y aura plus de danseurs de tango.



07
juil

BAL DE RENTREE INTER ASSOCIATIF

NANTES LIBERTANGO

participe avec d’autres associations de l’ouest à un bal de rentrée

au manoir de Tizé (Rennes)

le samedi 12 et le dimanche 13 septembre

Au programme:

- Asado et milonga le samedi soir

- Bal de despedida le dimanche

Possibilités d’hébergement sur place ( à confirmer)

Plus d’informations prochainement….



06
juil

Tango à la mer

Nos amis de

TANGO OCEAN

vous proposent

une milonga face à la mer

Jeudi 9 juillet

A partir de 19H00

Esplanade du remblais de la grande plage

A St Gilles Croix de Vie (85)

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Un déjeuner/milonga

Le dimanche 16 août

A partir de 12H30

Au restaurant « Le Centre »

Face au château d’ Apremont (85)

20,00€ sur réservation

En prime, une promenade en barque sur la rivière est offerte (à 10H30 ou à 18H00)

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Renseignements auprès de Marie au  06 73 76 27 47



05
juil

Nantes Libertango Intermezzo estival

Le concert de tango du groupe Chapska Savarina au Sarah B le 26 juin et celui de la chanteuse argentine Marisa Vazquez  le 30 juin au  911 à Nantes ont clôturé une saison dense et haute en couleurs  de Nantes Libertango.

Une saison de tango  dense  par le nombre important d’évènements  proposés et réussie grâce l’affluence de publics de tous horizons qui ont suivi avec enthousiasme les concerts , les spectacles  et  les milongas programmés : le cabaret  Tango à Pol’en,  la croisière  tango sur l’Erdre, le Jardin des Fonderies, la Fête de la musique, les milongas du Sarah B, les 911, le Poquito, la Cocotte en verre…..

Nous sommes satisfaits  de cette saison qui vient de s’achever, contents  de toutes les marques et signes de sympathie  reçus  et des encouragements à continuer sur cette même ligne.

Les adhérents, de plus en plus nombreux, réunis en AG, ont manifesté très ouvertement  leur soutien  aux réalisations et  ils ont approuvé les  projets  présentés  pour l’année prochaine .

L’AG de l’association a été un moment fort et gratifiant pour l’équipe de Nantes Libertango  qui est sortie renforcée et  légitimée dans les actions menées ces dernières mois.

Tous les projets  réalisés avaient un point commun : la recherche du plaisir,  de la fête et de la bonne ambiance  à travers une passion commune : le tango argentin .

Nous croyons que la pratique de cette danse, comme tant d’autres choses, est une  manifestation libre, une  occasion de vivre avec d’autres  dans la bonne ambiance et dans  une totale liberté d’expression.

Nous croyons  que la danse doit se vivre  librement  sans  les corsets et les   limitations que certains courants obscurantistes,  passéistes  et sectaires  essayent de propager sous prétexte  de mener  de pseudo projets « dits culturels »  en se donnant des airs  de « gardiens de l’orthodoxie »  mais de quelle orthodoxie… ?.

On ne peut pas mettre de barrières à ce qui est libre,  il n’y a pas de temple à garder ….et le tango argentin  n’a pas besoin de  « gardiens du temple … ».

Bonnes vacances et à bientôt  avec de nouvelles idées, de nouveaux  spectacles, des musiques diverses et des styles variés  pour  qu’un air nouveau  insuffle de nouvelles perspectives, ouvre de nouvelles possibilités, dépoussière l’ambiance , supprime la routine et les manichéismes de tout bord .

Hasta pronto

L’équipe de Nantes Libertango



01
juil

Pourquoi continuons-nous à danser le tango ?
El Barrio Villa Pueyrredon, janvier 2009, p. 17

Qui n’a jamais entendu au moins une fois la phrase tant répétée « le tango est une pensée triste qui se danse »? Nous ne possédons aucune source certaine confirmant que cette définition ait été donnée par Discépolo (le plus probable), Borges ou Ernesto Sabato. Mais quelqu’un l’a fait et, désormais, nous la connaissons presque tous. En revanche, ce qu’a dit Sabato, et qui est moins célèbre, c’est que « un Portègne qui danse un tango le fait pour méditer sur son sort, en général celui d’un roseau, ou pour faire passer les idées noires concernant la structure générale de l’existence humaine ». Tant de tristesse et de pessimisme nous ont amené à penser : « Mais alors, pourquoi tant de gens continuent-ils à aimer danser le tango ? » Les décennies dorées du tango sont loin et pourtant… le tango survit, insiste, comme il peut, se fait sa place génération après génération.

Nous traitons ce thème avec Marisa Carratini, professeur de tango au Centre culturel El Colectivo.

A ton avis, pourquoi les gens continuent-ils de s’intéresser au tango, cherchant à apprendre à danser, se rendant aux milongas ?

Je crois qu’il y a deux choses distinctes. L’une est ce que cherche la personne qui décide d’apprendre à danser et l’autre ce qu’elle trouve. Généralement les gens viennent parce qu’ils veulent apprendre à danser le tango que dansaient leurs grands-parents, ou parce qu’ils ont vu un spectacle de tango et qu’ils aimeraient apprendre quelque chose de ce genre ou, dans beaucoup de cas, parce qu’au cours d’un voyage à l’étranger quelqu’un leur a demandé de danser un tango et qu’ils ont eu honte de ne pouvoir le faire. D’autres viennent par simple curiosité. C’est un premier pas. Mais je crois que ces raisons ne subsistent que jusqu’au moment où ils rencontrent ce qui est au coeur du tango, à savoir « l’étreinte » (el abrazo). Et, à partir de là, les raisons de continuer à danser sont tout autres.

« L’étreinte », dans quel sens ?

Au sens strict mais aussi dans un sens plus large. Au sens strict ; je dis souvent que l’être humain, tout au long de sa vie, perd progressivement le contact. Quand il est petit, les parents le prennent dans leurs bras, le cajolent, l’embrassent constamment. Ensuite, il y a encore des contacts avec les amis durant l’enfance et une partie de l’adolescence. A l’âge adulte, les contacts sont toujours moins nombreux, plus ponctuels jusqu’à ce que la vieillesse apporte quelque chose de terrible, qui est qu’on ne touche pratiquement pas aux anciens… Alors, la rencontre de l’étreinte du tango, a quelque chose d’évocateur et mobilisateur. L’étreinte, la tenue dans les bras… c’est quelque chose qui se perd de plus en plus de nos jours où tout le monde communique par l’intermédiaire de l’ordinateur, du chat, etc. Alors, rencontrer tout d’un coup une communication corporelle, je dirais que c’est un fait important. Et, généralement, les gens sont surpris de façon positive.

Personne ne part en courant, effrayé par le contact ?

Très peu de gens partent. Cela a aussi à voir avec la manière d’enseigner ; c’est évidemment un apprentissage progressif. On ne peut aller se mettre dans les bras d’un autre n’importe comment. Et l’évolution d’un groupe influe aussi ; les exercices changent ainsi que les gens, gagnant de la confiance, allant jusqu’à se laisser faire, par exemple. Quand on s’entraîne à abandonner le poids du corps, en réalité, on est en train de s’abandonner à l’autre, et pour cela il faut gagner la confiance.

Et que serait l’étreinte dans un sens plus large ?

Je faisais allusion au fait que dans le tango, dans le tango dansé, de nombreux éléments de la vie sociale interviennent aussi. Nous rencontrons la nécessité de vivre ensemble sur la piste, démocratiquement ; nous sommes obligés d’écouter notre propre corps, notre partenaire et, dans le même temps, à rester en relation avec le reste des danseurs. Il y a au même moment introspection et convivialité. C’est dans cette relation multiple que se trouve l’étreinte au sens large.

Il faut rencontrer « le » partenaire pour pouvoir danser ? Ou cela ne change-t-il rien ?

Je suppose qu’il n’y a pas de règle en la matière. Lors des cours, il me semble très riche de changer de partenaire parce qu’à partir de la danse, on commence à connaître l’autre d’un autre point de vue, non depuis ses opinions politiques, ses préférences en matière de football par exemple, mais à partir de sa manière de danser : s’il est borné, s’il écoute les propositions, etc. C’est alors une manière de s’approcher de quelqu’un d’un autre point de vue, depuis une communication non verbale, à partir de l’expressivité. Il arrive ainsi fréquemment que lorsque l’on danse beaucoup, on apprécie beaucoup ce que chaque partenaire partage ou propose.

Mais, en même temps, il est certain qu’il y a toujours quelqu’un de spécial, avec lequel il y a affinité corporelle et dans l’expression de la danse. Il y a aussi une question presque anthropométrique, qui fait que certaines personnes « s’emboîtent », se complètent à la perfection comme si elles étaient un muscle et son antagonique.

Et n’oublions pas non plus qu’interviennent l’odeur, la texture de la peau, la température corporelle, que s’ouvrent de nombreux sens… Tout cela est un stimulant inégalable. Il arrive fréquemment que deux personnes totalement différentes hors de la piste s’y rencontrent grâce à cette langue commune qu’est le tango.

Pourrions-nous dire alors que danser le tango mobilise le corporel et la sensibilité ?

Pas seulement. Je considère que l’être humain est une unité. Et ma manière de mettre en oeuvre l’enseignement a à voir avec cette conception : nous sommes corps, âme et pensée. Tout ensemble. Si réfléchir ou s’affliger peut nous produire un ulcère, une blessure corporelle, pourquoi ne pourrait-on pas inverser le processus ? L’apprentissage et le plaisir du travail corporel peuvent nous aider à résoudre des problèmes émotifs et mentaux. Tout cela est lié. A de nombreuses reprises, dans la vie quotidienne, nous passons à côté de quelqu’un qui veut nous dire quelque chose, nous sommes pressés, nous ne l’écoutons pas ou nous le comprenons mal. Danser à deux nous oblige à travailler l’écoute. Si nous n’écoutons pas, nous ne pouvons marcher à deux, « glisser ensemble » (pisar juntos) qui est l’un des secrets de l’harmonie dans la danse.

Et la musique, quel rôle joue-t-elle dans tout cela ? Est-ce que les vieilles querelles entre musiciens et danseurs se sont effacées ?

Il y a une discussion presque éternelle entre musiciens et danseurs : est-ce qu’en premier on a eu le mouvement ou bien la musique ? Selon moi, cette dichotomie est ridicule parce qu’il est difficile d’avoir l’un sans l’autre. On peut naturellement se contenter d’écouter la musique. Mais n’est-ce pas agréable de bouge en même temps ou de regarder quelqu’un qui danse sur cette musique ? Pour moi l’idéal serait que le musicien apprenne à danser et que le danseur apprenne la musique.

Ce qui a assurément évolué dans cette relation à la musique et à la danse, c’est cette sorte d’adhésion inconditionnelle bien argentine qu’il y avait dans les années 40 quand les gens dansaient avec l’orchestre de Troilo ou avec l’orchestre de D’Arienzo et qui étaient des attitudes du genre River-Boca, etc. Les jeunes qui dansent aujourd’hui n’ont plus l’habitude de prendre parti de cette manière ; il y a plus d’ouverture, en dehors des préférences que chacun peut avoir, puisque, évidemment, certaines musiques te font vibrer plus que d’autres du fait qu’elles ont plus à voir avec toi.

Tu penses que c’est une danse qui joue toujours un rôle social ?

Oui. Elle ne joue plus le même rôle qu’autrefois, dans les clubs de quartier mais elle continue de jouer un rôle social. D’abord parce qu’on entre en communication et que l’on partage un espace, comme je le disais au début. D’un autre côté, dans le cas des jeunes danseurs, par exemple, c’est souvent un moyen de canaliser la violence. C’est aussi un élément d’intégration : dans les milongas, le plombier danse avec la psychologue, une Italienne avec un Thaïlandais. Et ils se comprennent : tous dansent le tango. Et pour terminer et bien que cela ne soit pas le moins important, le temps que l’adulte passe à danser le tango est un moment où il apprend à jouer. A jouer sérieusement, comme le font les enfants, concentrés. Improviser une danse, comme s’improvise le tango, c’est jouer. Et, de nos jours, sortir un peu du « devoir être » et récupérer ce droit pour l’adulte, je crois que c’est aussi contribuer à la santé de la société.

Mon maître, Rodolfo Dinzel, dit que le tango possède les principes de la Révolution française : Liberté, Egalité, Fraternité. Plus tu le découvres, plus tu te rends compte que c’est vrai.

Traduction : Guy Haudebourg

 



01
juil

Charte du tango argentin

Le tango argentin comme tout art, s’affranchit de l’idée de compétition, de certification ou de vérité.

Cette phrase est le préambule au texte d’une « charte du tango argentin » qui a été rédigée après de nombreux débats entre des membres de la communauté tanguera et approuvée lors d’un colloque réunissant associations, danseurs et musiciens professionnels … (cf Salida n° 61)

En cette période troublée du fait de certaines affirmations péremptoires concernant notre loisir préféré, nous proposons sa lecture à tous ceux qui ne la connaissent pas.

Cette charte a été signée aujourd’hui par 40 associations et 156 personnes individuelles (dont nous sommes).

Toutes informations sur le site : http://charte.tango.free.fr

Claude et Patrick



27
juin

On a bien « guinché » au Sarah B.

Certains vous diront qu’on a bien « guinché », d’autres vous diront qu’on s’est bien « dandiné » au Sarah B. vendredi 26 juin.

En tout cas ceux qui étaient là étaient venus écouter un orchestre qui leur a offert de beaux moments de tango aussi bien réussis pour l’écoute que pour la danse.Ils étaient aussi venus chercher une ambiance chaleureuse et amicale et ils l’ont trouvée. Certes la piste a pu paraître un peu exiguë à ceux qui voulaient exprimer leur enthousiasme tanguero mais la « symbiose » entre les danseurs et la musique a fait son oeuvre et ce fut une soirée qui nous laissera un  très bon souvenir . Merci à Chapska Savarina qui nous a régalés de vrais bons tangos avec enthousiasme et simplicité. Merci au cuisinier qui a donné à ses mets une petite touche argentine. Merci à tous les tangueros pour leur bonne humeur partagée.

On en redemande!!!

http://picasaweb.google.fr/laurentino44/LeSarahB?authkey=Gv1sRgCM-Ttr2Oy6fUpQE#

Dominique



23
juin

A propos de la fête de la musique

La fête de la musique a inspiré cette traduction, dédiée à tous ceux qui se plaignent de ne pas entendre la musique….

Le grand Beethoven

« Oigo tu voz, la que mi oido no olvida » (J’entends ta voix, la voix que je n’oublie pas – tiré du tango Oigo tu voz de Canaro et Garcia Gimenez)

Au moment de l’accident, Salcedo était un danseur déjà d’âge mûr, il maîtrisait un assez modeste répertoire mais avec une grande précision dans la musicalité et le guidage. Même si on se souvient de lui comme de quelqu’un peu enclin au partage et difficile à dérider, ceux qui le connaissaient savaient que derrière ce caractère antipathique, se cachait un garçon timide. Il ne dansait que Pugliese, et cela suffisait à son bonheur.

D’après ce que l’on apprit par la suite, sa vie changea à la 27ème minute de la deuxième mi-temps d’un Atlanta-Platense dont le score fut 0 à 0 sans aucun tir dans la cage. Au milieu de cette morne partie, un pétard explosa à quelques centimètres de Salcedo… On s’occupa de luià l’infirmerie du club, mais comme il ne répondit pas quand on lui demandait ce qu’il avait, les médecins se contentèrent de le laisser une demi-heure en observation avant de lui donner le feu vert pour sortir… Personne ne l’informa qu’il avait perdu 97% d’audition à gauche et 93 à droite.

Sourd et complexé, honteux et abattu, il retourna à la milonga, plus enclin à prendre congé qu’à faire des rencontres… Mais à sa grande surprise, personne ne remarqua sa surdité. Habitués à sa réserve, tous le saluaient de loin et les serveuses lui servaient son gancia [apéritif d'origine italienne] sans plus de commentaire. Ce fut peut être la raison pour laquelle il commença à imaginer un plan pour continuer de danser sans même entendre la musique…

Identifier les orchestres était relativement simple. Salcedo savait que Rizutti dansait toujours Pugliese avec la Cordobesa; il n’avait qu’à attendre que cela arrive. Une fois l’orchestre  identifié, les morceaux seraient Gallo ciego, Nochero soy, Plata ancha et Emancipation, dans cet ordre; Il n’y avait aucune raison pour que le DJ se donne la peine de modifier ce déroulement ancestral. Salcedo connaissait chaque note de ces tangos et était capable de les dévider de sa mémoire avec une délicieuse précision; le défi, alors, était d’inviter une fille à danser et de laisser le souvenir lui dicter la musique.

Des semaines durant, on le vit, cantonné à sa table, sans danser, sérieux et concentré. on supposa qu’il se contentait de jouer les ermites, mais non: il répétait en silence. Il attendait que Rizutti invite la Cordobesa et il savait alors que c’était l’introduction de Gallo ciego. Après le premier pas de côté, le tango à proprement parler démarrait et ensuite, il synchronisait la musique avec ses souvenirs. Les mouvements des bons danseurs lui confirmaient que ce qu’il avait entendu une fois était resté intact dans sa mémoire…

Il passa des semaines à coordonner mentalement déplacements, pauses et final jusqu’à ce qu’un beau jour il décrète qu’ilétait prêt… Il fit le baptême du feu avec une Américaine , au cas où. Par la suite, il se lança avec des Argentines et, pour ne pas avoir à parler entre les tangos, il neutralisa les dialogues éventuels avec des questions idiotes et sans réponses possibles. « Tu ne sais pas si aujourd’hui on peut stationner à gauche ? » était une de ses préférées.

Petit à petit il se libéra et, même si cela paraît incroyable, la surdité lui apporta une nouvelle cadence inimitable. Les filles se damnaient pour danser avec lui et son style devenait chaque fois plus personnel. On le voyait sourire comme jamais… C’est pourquoi cela le fit tant souffrir lorsque cette brune maigrichonne lui exécuta des ornementations en dehors de la musique pendant toute une tanda… Rizutti raconta que cette dernière nuit, il le vit pleurer dans les toilettes et lui demanda ce qui se passait, mais tout ce que trouva Salcedo fut de se mettre une main sur l’oreille droite et de dessiner dans l’air des cercles avec son index.

Cronica de René dans Tangauta 172, février 2009 ( traduction Christine Haudebourg).