BERDER FOR EVER par Michel WEYL

BERDER FOR EVER

Voici deux photos qui rappelleront sûrement d’agréables souvenirs à ceux qui étaient à Berder le week-end dernier.

Je voudrais quand même ajouter quelques impressions personnelles sur ce week-end inter-associations, bien qu’en général je ne me décide à écrire qu’en réponse à un article qui « m’interpelle quelque part » ou suite à un mouvement d’humeur, ce qui n’est pas le cas présentement puisque l’organisation était sans faille, l’ambiance super, la sono à la hauteur, les DJ inspirés, le temps splendide… et puis ça m’agace de ne lire que des articles écrits en termes dithyrambiques (= termes excessivement louangeurs : à ne pas confondre avec des pratiques zoophiles sur deux chèvres !) alors je ne vais pas en remettre une couche sur ce blog !

Arrivés à 16h comme prévu, pas d’opération-escargot sur la quatre voies Nantes-Vannes, ouf !

Je vois une place là, on la prend ? bof, on va plutôt essayer d’en trouver une plus près de l’embarcadère… mais on est bons pour refaire un tour : beaucoup de petits malins sont arrivés dès le matin…

Traversée ultra rapide sans trop d’attente : barre à gauche toute ! un bref coup de marche arrière pleins gaz et la barque se range en dérapage le long du quai, même pas eu le temps d’avoir le mal de mer …

Petite marche sur la route qui mène au « château » dans l’odeur iodée des pins qui me replonge, telle la madeleine de Proust, instantanément dans la pinède de la colonie de vacances de mes dix-huit ans où j’ai connu la mer (et l’amour… avec une monitrice devenue par la suite ma femme… puis mon ex…) pour la première fois. Heureusement le roulement des valises qui cahotent sur le bitume me rappelle à des sensations plus terre à terre, et je saisis la poignée de la valise de ma voisine, plus volumineuse que lourde (pas ma voisine : la valise) puisqu’elle ne contient apparemment que des robes pour toutes les circonstances prévues ou imprévues à venir.

Après une halte dans le hall de la grande bâtisse et un jeu de piste pour retrouver nos dévouées organisatrices, grosse déception : les chambres ne sont pas mixtes (sauf pour quelques petits malins arrivés dès le matin, mais bon…) j’apprends alors qui cohabite (habite avec moi : à ne pas confondre avec le cri d’amour du crapaud dixit Pierre Desprosges). Je passe les noms en revue, ce sont, à ma connaissance, trois garçons d’allure sportive, plutôt grands et minces, donc avec un peu de chance ils ne vont pas ronfler… (ce qui devait se confirmer, re-ouf !)

Après avoir pris possession de nos lits (je choisis toujours celui du haut, je m’y sens mieux, alors que les autres préfèrent souvent ceux du bas) promenade jusqu’à une petite plage en attendant le dîner. Deux jeunes rennais téméraires vont nager jusqu’à la bouée la plus proche tandis qu’une autre plus frileuse se désole de ne pouvoir inaugurer son maillot de bain léopard ou panthère je sais plus, assorti à son sac et ses chaussures. Je lui suggère de le porter ce soir au bal : succès assuré tu verras !

Je ne parlerai pas de ce que l’on a mangé, on n’était pas venu pour ça, laissons cela au 3ème âge… mais quand même le groupe de retraités qui dînait avant nous, eux, ils avaient des langoustines, fruits de mer et tout et tout, c’est un peu frustrant… non ?

Le soir, j’ai dansé jusqu’à la fin du bal, trois ou quatre heures du matin, sans arrêter, j’avais les pieds en vrac car le carrelage c’est dur. Attente dans le couloir devant les cabines de douche occupées, attente agrémentée il est vrai par l’apparition d’une danseuse en nuisette qui pensait naïvement trouver le couloir désert à cette heure-là… Puis je regagne mon lit après une douche brûlante et réparatrice, à la lueur de mon téléphone portable (qui ne me quitte jamais et fait aussi appareil photo et … micro-ondes !) pour ne pas réveiller mes cothurnes ( qui partagent la même turne) déjà endormis en une respiration régulière et, miracle, exempte de ronflements.

Le dimanche, mise à part une longue, trop longue file d’attente au pti déj, tout est génial, en particulier le pique nique sur la plage avec melon, saucisson, pâté Hénaff rennais, tourte aux poireaux, taboulé aux herbes du jardin, arrosé d’un excellent Bordeaux. Le tout a bien résisté à l’absence de frigo signalée et donc prévue.

Le retour sur Nantes a été moins rapide que l’aller vu la circulation en accordéon (non, en bandonéon !) sur la quatre voies mais ce qui est étrange, c’est lorsque j’ai déposé ma cavalière au pied de son immeuble, l’impression d’avoir vécu non pas un week end mais une semaine de festival, tellement nous avions été pris dans une ambiance « hors du temps » : la reprise sera dure lundi matin !

Quelques propos entendus ça et là pour terminer sur une note d’humour :

Elle : C’était bien le bal mais, dommage, c’était mal équilibré, il y avait trop de femmes…

Lui : Non, il n’y avait pas trop de femmes, il y avait trop de JOLIES femmes !

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A de jeunes rennais qui demandaient au DJ Augusto de mettre des tangos nuevos et qui, devant son peu d’enthousiasme insistaient, il répondit : des tangos nuevos, il y en a dans les cortinas, mises bout à bout vous pouvez faire une tanda…

-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-

Deux interprétations opposées d’une même situation :

Une danseuse nantaise se plaignait du manque de savoir vivre sur la piste, des danseurs des autres associations : J’ai dansé avec X et on n’a pas arrêté de se faire bousculer, à la tanguéria au moins les danseurs nantais respectent les autres !

NON ma chère (c’est mon interprétation personnelle qui n’engage que moi mais quand je vois ce que je vois et que j’entends ce que j’entends, je pense que j’ai raison de penser ce que je pense…) Les danseurs nantais ne sont pas plus civilisés que les autres (j’ai même souvent l’impression du contraire) mais ils le connaissent comme le loup blanc ton X (pas le coureur automobile), il bouscule tout ce qui bouge (ou fait une pause) à la tanguéria (et ailleurs), c’est pour cela qu’on essaye, autant que faire se peut (et souvent faire se peut pas), de l’éviter et tu as donc l’impression d’être moins bousculée à Nantes quand tu danses avec lui. A Berder beaucoup ne le connaissaient pas, c’est toute la différence !

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Michel WEYL

5 comments on “BERDER FOR EVER par Michel WEYL

  1. fernando on said:

    En la variedad està el gusto…
    J’ai lu avec beaucoup de plaisir l’article de Michel :une belle description pleine de poésie de sensibilté et d’humour entre les lignes .
    Si en matière de musique comme dans tant d’autres choses il est bien difficile de faire plaisir à tout le monde je ne crois pas que le DJ Augusto aurait été ni plus ni moins apprécié s’il avait inclus dans la programmation quelques tangos contemporains, cela aurait été une preuve de souplesse et aurait permis à tous de danser sur un genre de musique qui a ses adeptes parmi le monde du tango .
    je pense que se contenter de rester assis sur une chaisse en train de programmer ‘sa musique’ sans tenir un peu compte de ce que le public ( clients…ne l’oublions pas)demande c’est faire preuve de rigidité ( pas cadavérique..l’autre ) ou de ‘vedettariat’ injustifié.
    DJ Augusto se prendrait-il pour un nouveau’gourou’ du tango ? Uno màs… ainsi va le monde .

  2. Olivier on said:

    Bonjour à tous !
    Je n’étais malheureusement pas là à Berder, mais la belle narration de Michel m’a fait quelque peu partager ces instants magiques. A quand d’autres photos ?
    A quand le prochain Sarah B, qui m’a transpercé l’âme ?
    Merci à vous, ce blog fait désormais partie de mes favoris.
    A bientôt

  3. Maeva on said:

    Merci Michel pour ce compte-rendu qui reflète bien l’ambiance réussie du week-end à Berder et auquel j’ adhère complètement (y compris sur le petit regret de ne pas avoir dansé sur quelques tangos plus modernes mais bon l’important c’est de se laisser emporter par la musique quelle qu’elle soit, non ?…)
    Je rajouterai que j’ai presque autant dansé le dimanche après-midi que le soir et que c’était génial car j’étais plus en forme ! (après m’être néanmoins un peu ennuyée entre midi et 14h, mes « compatriotes vannetais » m’ayant quittée et ne me sentant pas le culot sans pique-nique et sans connaitre très bien les danseurs et danseuses des autres assoc de m’incruster dans un groupe… ;-(
    La prochaine fois je serai moins timide (et j’apporterai un pique nique ou alors un bouquin !!!)
    J’espère donc vivement une prochaine réunion inter association !!!
    bizatous
    Maeva
    Ty tango 56

  4. michel WEYL on said:

    Content de te lire, Maéva, et dommage que tu n’aies pas osé te joindre à nous pour le pique nique, on avait largement assez pour te sustanter, et inutile d’apporter un bouquin la prochaine fois, quoique… peut-être que tu aimes tant les livres que tu les « dévores » !

  5. Après vous avoir lus à distance de l’événement Berder ,j’ai envie d’ajouter  » mon petit grain de sel  » , car le tango autour de Michel et de ses ami(e)s ,c’est aussi la convivialité et la gastronomie . La sensualité, elle est partout et nous on aime la partager !

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